Tome 1 : Regain & Le Serpent d'Etoiles
Regain :
Au village d'Aubignane, il ne reste que trois habitants : le vieux Gaubert, la vieille « Mamèche » et Panturle, un homme dans la force de l'âge. Le jour où Gaubert part vivre chez son fils, Panturle se retrouve seul avec la Mamèche. Il souffre de cette solitude. Le jour même, la Mamèche lui dit qu'elle va lui amener une femme. Puis elle disparaît...
Panturle est désormais le seul habitant du village ; il vit essentiellement de la chasse.
Un soir, devant chez lui s'arrête un homme accompagné d'une jeune femme. Ils frappent à la porte, il n'ouvre pas. Lorsqu'ils s'éloignent, il les suit dans la nuit. En les filant, il manque de se noyer en tombant dans un gros ruisseau. Ils le sauvent, et le traînent sur la berge, inconscient mais sauf. Lorsqu'il reprend conscience, la femme est près de lui. Ils parlent longuement, puis « elle se renverse dans ce bras [...] et se couche dans l'herbe ».
Au matin, Panturle dit « Viens, on va à la maison ». Elle s'appelle Arsule, elle le suit.
Ils vivent ensemble, Panturle devient cultivateur. Une foi nouvelle l'anime. Arsule est maintenant la femme dans le logis de l'homme, qui n'est plus solitaire. L'amour est là, sans déclarations, tranquille et solide.
Au grand marché, ils vendent des boisseaux de grains de blé, un blé magnifique né des soins laborieux de Panturle.
Un jour l'homme, Gédémus, un rémouleur, reparaît à Aubignane et réclame un dédommagement parce qu'il va devoir acheter un âne pour tirer sa meule, à la place d'Arsule. Panturle lui donne l'argent qu'il demande, ils trinquent ensemble, et Gédémus disparait.
Finalement, une deuxième famille s’installe dans le village, qui va renaître grâce au labeur et à la volonté des hommes.
Arsule attend leur premier enfant.
Le Serpent d'Etoiles :
La nuit étoilée qui baigne la pastorale des bergers... La terre, maternelle et dure, et, plus que tout : les bêtes, intermédiaires entre l'homme et la nature... Malheur à celui qui les méprise ! L'auteur, avec son enthousiasme lyrique, nous décrira le grand piétinement du troupeau en révolte, et son triomphe sur celui qui les a méconnues…
Tome 4 : Un de Baumugnes & Les Vraies Richesses
Un de Baumugnes :
Un vieil ouvrier agricole, Amédée, louant ses bras de ferme en ferme, nous dépeint sa rencontre avec un jeune homme, Albin, ouvrier agricole également. Celui-ci lui fait part, après quelques verres bus dans une taverne, de ses remords : quelque temps plus tôt, Albin avait connu aux champs un homme d'assez mauvaises mœurs, prénommé Louis. Les deux hommes avaient rencontré une jeune fille, prénommée Angèle, qu'Albin, trop timide, n'avait pas osé aborder bien qu'en étant tombé amoureux. En revanche, Louis était parvenu à la séduire, puis l'avait entraînée à Marseille où il l'avait forcée à se prostituer.
Après qu'Albin eut confié son secret à Amédée, celui-ci décide de retrouver la jeune fille. Pour cela, Il se fait embaucher à la Douloire, la ferme des parents de la fugitive. Après quelques mois, il découvre qu'Angèle est enfermée quelque part dans la ferme avec son bébé, Pancrace, dont elle ne connaît pas le père.
Il se rend alors à la recherche d'Albin et le met au courant de ce qu'il a découvert. Le jeune homme décide d'aller immédiatement chercher la jeune fille et son bébé et de les emmener tous deux chez lui, à Baumugnes.
Après plusieurs jours à chercher la jeune femme dans les dépendances de la ferme, les deux hommes décident d'une nuit pour partir avec Angèle et son bébé. Tout se passe bien jusqu'à ce que Clarius, le père d'Angèle, se réveille et arrive avec son fusil. L'homme ayant un bras en écharpe, Amédée arrive à le désarmer et tous quatre (les hommes, Angèle et le bébé) s'en vont. Au petit jour, Amédée ayant réfléchi toute la nuit décide de retourner tous quatre à la Douloire, craignant que leur fuite n'entraîne le suicide du père (évoquant sa noyade dans la Durance) ; Albin et Angèle comprennent à demi-mot et se joignent à lui. Arrivés à la ferme, ils sont reçus par le fusil du père qui finalement ne tire pas et les laisse repartir.
Quelques années plus tard, Amédée repasse par la Douloire et rencontre une petite fille qui lui dira qu'elle est ici « chez son pépé », mais qu'elle est de Baumugnes. Il comprend alors que la famille s'est réconciliée et agrandie. Il décide de continuer sa route sans revoir personne, chargeant toutefois la petite fille de saluer son père, Albin, de sa part. Le roman se termine par un simple Voilà.
Les Vraies Richesses :
Les Vraies Richesses... Titre explicite pour une manière de récit et d'essai dénonçant la vanité de la vie citadine, de l'argent, célébrant la gloire du soleil, de la terre, des collines, des ruisseaux, des fleuves « qui m'irriguent plus violemment que mes artères et mes veines ». L'ouvrage débute par une promenade parisienne à Belleville, prétexte pour l'auteur à une réflexion sur les « racines ». Giono, visionnaire et virtuose du sacré, rejoint vite, d'un bel élan amoureux, ses chemins de traverse provençaux, ses paysans mythologiques, la loi du pain, le vent des rêves. Ce livre n'a aucun genre et les a tous. Manifeste écologique ? Peut-être, mais pour une campagne moins électorale que poétique.
Tome 5 : Colline & Triomphe de la Vie
Colline :
Aux Bastides Blanches, un hameau isolé situé sur la montagne de Lure, vivent treize personnes, rassemblées dans les quatre maisons situées autour de la fontaine du village.
Le roman débute sur la venue d'un sanglier, qu'on essaie de tuer mais qui parvient à s'échapper.
L'aîné du village, Janet, mourant et alité, commence à parler de manière peu compréhensible. Ses propos évoquent une nature puissante, sauvage et vengeresse, les hommes devant expier les crimes commis contre la Terre. Il fait peur aux habitants. Ce délire est-il dû au sevrage de l'alcool, préconisé par le médecin ?
Des évènements mystérieux surviennent : une aura maléfique semble émaner d'un champ, la fontaine se tarit, une petite fille tombe malade. Puis c'est l'incendie, qui manque de peu de brûler le hameau.
Pour les habitants, c'est sûr, Janet est la tête malfaisante qui parle à la nature et qui est responsable des dérèglements qui se sont abattus sur le village. Ils décident de tuer le vieux pour se délivrer de ses malédictions. Avant qu'ils n'agissent, Janet meurt naturellement.
Le roman se finit avec une nouvelle venue du sanglier. Cette fois-ci, on parvient à l'abattre à coup de chevrotines, en contrepoint à la mort de Janet.
Triomphe de la Vie :
Dernièrement j'étais à Marseille pour quelques jours. Dès la première après-midi, la pluie; la boue et le froid me forcèrent à me réfugier au café. La foule aussi rendait la rue impraticable aux vivants. C'était une agglomération déambulante d'êtres éteints; une pâleur de chandelle coiffée, des vêtements de goudron, pas la moindre couleur même aux yeux; tout ça tellement loin dans la profondeur de l'enfer qu'on ne pouvait même plus l'appeler. Je me disais : « Pour courir derrière il faudrait un saint... » Je ne suis pas un saint.
Je vais dans un petit café, qui n'a pas du tout l'aspect marseillais. A un moment ou à un autre je suis allé dans presque tous les grands cafés de Marseille, soit qu'on m'y ait donné rendez-vous, soit que... je ne sais jamais quoi faire dans ces villes.